• R.A

Histoires courtes

Mis à jour : févr. 8



LE TEIGNEUX: Il referma le livre qu’il venait de lire. C’était un polar haletant au dénouement magistral. Il le feuilleta comme pour prolonger le plaisir qu’il avait eu à le dévorer. Il s’arrêta sur la dernière page et l’arracha posément avec une grande application. Il en parcourut les lignes qui révélaient le nom de l’assassin avant de la froisser. Il se leva lentement et posa négligemment l’ouvrage sur la table. Puis il sortit de la bibliothèque municipale après avoir jeté la feuille qu’il tenait à la main dans une corbeille à papiers.


VOL AU DESSUS D'UN LIT DE LOULOU:

Zed regarda le paysage qui défilait sous ses ailes. Les maisons les arbres les champs semblaient être des miniatures qui attendaient la main joueuse d’un enfant. -C’est quand même beau vu d’en haut se dit-il. C’était un virtuose de la voltige. Il se mit à faire des loopings, des tonneaux et des chandelles. Soudain il sentit une sorte vibration qui ne lui plaisait pas. -Houlà se dit-il, il ne faudrait pas que je sois en panne de carburant. Il scruta vers le bas pour repérer une zone de ravitaillement. -Ha voilà. Il se prépara à l’atterrissage sur l’étendue claire et lisse. Pierre Louyettu surnommé Loulou par sa famille ses ami sentit quelque chose le frôler, quelque chose qui perturbait sa sieste. Dans un réflexe de colère il plaqua sa main sur son avant-bras. -Je l’ai eu dit-il triomphant en contemplant le moustique-tigre qu’il venait d’écraser violemment.


HABILETES:

Sui-Ti drapée dans son Kimono de soie longeait le couloir du palais. Dans la cour les deux samouraïs la regardèrent à la dérobée. -Elle deviendra ma femme, dit Kao-Lin. -Non, répondit Phai-Ens elle sera la mienne. Ils portèrent l’affaire devant le Shogun. -Je ne vois qu’une solution. Vous devez vous battre. Le vainqueur gagnera le droit de l’épouser. Ils obéirent au conseil qui avait plutôt la forme d’une injonction. Les lames de leurs armes tournoyèrent en étincelant au soleil. L’une d’elles se teinta de rouge en traversant le buste de l’un des combattants. -Tu aurais du renoncer dit Phai-Ens à Kao-Lin, tu aurais épargné ainsi ton existence. -Eh bien dis-moi tu aurais dû faire de même, répondit faiblement son adversaire en s’affalant sur le sol. Le vainqueur se tourna vers Sui-Ti et le Shogun. Il s’inclina avec déférence, mais il sentit quelque chose couler à la base de son cou. Un petit filet de sang glissa sous son armure et serpenta sur son torde. Lorsqu’il se courba pour saluer sa tête roula sur le sable. Le Shogun se leva. -La situation est résolue, dit-il sans émotion particulière. Il regarda Sui-Ti. -Que diriez-vous si je vous demandais de m’épouser? -Vous avez fait preuve d’une habileté bien au-dessus de celle de vos samouraïs, lui répondit-elle soumise, lorsqu’on entrechoque entre-elles deux fragiles tasses de porcelaine elles se brisent l’une et l’autre. Il la regarda avec l’assurance de son rang. -Le téméraire va au devant du danger, le rusé le contourne lui répondit-il. Le sage qui avait également entendu la phrase du Shogun prit un rouleau de papier de riz et écrivit à son tour: L’esprit d’un stratège aussi aiguisé qu’une lame est plus dangereux que le sabre de ses soldats.

UNE QUESTION DE BASE: Bill entra dans le hangar. L’otage était là, ligoté à un poteau et entouré de sacs de toile de jute. Il pointa son arme en cherchant le ravisseur mais les lieux étaient vides. Il s’approcha de la victime. -N’ayez pas peur je suis le lieutenant Abong de la brigade urbaine. Je pense que Vous êtes Doyle Batson, le businessman qui a été enlevé. Restez calme, vous n’avez vous n’avez rien à craindre. Mais l’homme bâillonné roulait des yeux effrayés. Soudain une sonnerie retentit et le policier vit un téléphone posé aux pieds entravés du prisonnier. Il le prit d’un geste rapide. -Allo? Dit-il. -Allo Bill Abong? Ici Eitman, bravo vous avez retrouvé mon pauvre captif transi de peur mais vous n’êtes pas sorti de l’auberge pour autant. -Ah bon? Répondit bill en scrutant les alentours. -Oui vous avez vu qu’il y a des sacs disposés en rond tout autour de ce cher otage. -Oui. -Eh bien l’un d eux est bourré d’explosifs et le détonateur le fera sauter dans moins de cinq minutes. -Dites-moi lequel c’est. -A vous de le trouver -Et comment puis-je faire? -Pas difficile. Vous avez vu il y a un sac plus clair que les autres. -Oui et alors? -Il s agit du premier sac, le numéro un. En tournant de gauche à droite depuis celui-là vous trouverez le sac numéro onze qui contient l’explosif. Bill obéit aux instructions du ravisseur et fit le tour du poteau. -Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. Il se retrouva devant le sac de toile claire. -Il n y a que dix sacs et pas onze. Cri a-t-il. -C’est pourtant un simple problème de base arithmétique. Dit l’interlocuteur. Bill réfléchit puis se précipita sur le troisième sac. -Quarante secondes. Entendit-il dans le téléphone. Il courut vers le portail, jeta le sac dehors de toutes ses forces et referma le vantail coulissant. Une déflagration le projeta sur le sol. Il se releva et alla détacher le prisonnier. -Comment avez-vous deviné? Demanda-t-il nerveusement. -Un petit calcul élémentaire, mon cher Batson dit-il. Et vous cher lecteur, avez-vous vous aussi résolu le message hermétique pour déjouer le piège du criminel machiavélique?


La solution:

Le ravisseur a indiqué le numéro du sac en utilisant un système de base deux au lieu d’utiliser le système décimal ou de base dix dont nous nous servons couramment. Cela fait réfléchir sur les conventions de communication qui règlent l’organisation de notre société pour partager une information. Les maths ne sont pas ma tasse de thé mais je vais essayer de vous expliquer: Le système décimal appelé aussi base dix comporte dix chiffres de zéro à neuf. Après neuf pour continuer la série on utilise ensuite des combinaisons des chiffres de zéro a neuf entre eux. Ainsi le nombre dix utilise les chiffres un et zéro. Pour les autres bases il en va de même. Utilisée en informatique la base deux, appelée également système binaire, comme son nom l’indique ne comporte que deux chiffres: Zéro et un. Pou exprimer le troisième nombre avec deux chiffres on utilisera la combinaison un et zéro qui donne dix, puis pour le quatrième nombre on utilisera un et un, pour le cinquième on l’exprimera par un, zéro, zéro puisqu’on n’a à disposition que deux chiffres. Motivation pour les maths: Base dix: Zéro, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf Base deux: Zéro, un, dix, onze, cent, cent-un, cent-dix, cent-onze, mille, mille-un Pour le mal à la tête, vous devez avoir ce qu’il faut dans le placard de la salle de bains

Marc FREMONT

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